Alors bien sûr, grande spécialité socialiste, chacun peut se dédouaner de toute responsabilité. Imputer notre échec électoral à notre tête de liste.
Pour justifier notre banqueroute, on peut aussi faire appel à la nouvelle grande philosophie socialiste : « Renouveler nos futurs représentants ».
Mais les arguments selon lesquels notre tête de liste porte à elle seule la responsabilité de la défaite socialiste ; l’âge canonique peu vendeur de nos colistiers; la régionalisation du scrutin qui nous ruinerait au profit de la droite, sont totalement fallacieux.
En effet, telle n’est pas la problématique, nous le savons bien, et rien ne saurait excuser que l’on détourne encore les socialistes des questions auxquelles il est impérieux qu’ils répondent.
De façon certaine, il faudrait être particulièrement sourds ou aveugles, voire totalement autistes, pour ne pas avoir consciences que, partout en Europe, partout en France, la même paire de gifles a été infligée aux socialistes et aux sociaux démocrates.
Âge canonique nos colistiers ?
Pour l’Île-de-France, l’âge moyen des trois premiers candidats est de 56 ans pour l’UMP ; de 61 ans pour la liste EUROPE ECOLOGIQUE ; de 47 ans pour la nôtre.
En outre, comme pour le renversement du calendrier électoral, ce n’est pas en levant les bras au ciel en signe d’impuissance que nos problèmes électoraux seront résolus.
La réalité est criante : Le 7 juin est une défaite politique pour les socialistes.
Premier problème, l’abstention.
Nous nous attendions à 50 %, mais c’est à près de 60 % que fut son taux national.
Atteignant un record, qu’il convient de relativiser par la nature même de ce scrutin, cette abstention ne doit pas laisser indifférents les convaincus du suffrage universel que nous sommes.
Oui, d’évidence, en se s’autoproclamant « supers héros » sauveurs du monde et de l’humanité, les Français, trahis et trompés par l’UMP, sont à nouveau dégoûtés « du politique ».
Oui, devant les résultats si peu probants de leur politique, la majorité
présidentielle et Nicolas SARKOZY lui-même sont les premiers responsables.
Certes, l’UMP arrive largement en tête, mais il n’en demeure pas moins, que, sur les 6 822 779 électeurs inscrits dans l’ensemble des listings régionaux franciliens, elle n’obtient que 828 103 voix. Soit 12,13 % des inscrits.
Pas de quoi pavoiser, ni d’en tirer gloriole, d’autant que l’Union Mafieuse Présidentielle est au maximum de son rassemblement.
Oui, devant leurs larges sourires autosatisfaits, leurs yeux rayonnants de bonheur, leur auto proclamation outrancière de la victoire de la droite Sarkozyste, d’abord il nous faudra à nouveau convaincre de l’utilité de voter.
Pour autant, nous-mêmes avons quelques réalités à regarder en face :
Nationalement, que ce soit à Paris et en Île-de-France, à Poitiers et en Poitou-Charentes, à Lille et dans le Nord-Pas-de-Calais, les socialistes prennent de plein fouet la même sanction.
Il est totalement limpide, que la dangereuse présidentialisation de notre parti, si virulemment combattue lors du congrès, est éradiquée !
Curieusement, les pourfendeurs d’hier du dangereux phénomène de pipolisation de la politique, qu’il fallait balayer, aujourd’hui ne cessent d’évoquer 2012, tant eux aussi ont perdu tout sourire.
Nous aurions, nous a-t-on dit, réussi notre congrès d’orientation à gauche, qui serait propre à reconquérir les couches populaires…
Dommage, cependant, qu’après avoir largement voté pour Nicolas SARKOZY lors de la présidentielle idéologiquement perdue, que ce soit dans les couches dites populaires que l’abstention au scrutin européen est la plus écrasante.
Socialistes Séquano-Dionysiens, nous aurions mieux résisté face à la droite.
Peut être, mais nous n’échappons pas au phénomène.
Pire encore, alors que l’abstention est plus faible en Île-de-France (57,93 % contre 59,4 % nationalement), en Seine-Saint-Denis, le taux d’abstention dépasse les 70 %.
Franciliens, qui auront un combat difficile à mener dans un avenir plus que proche, il est souhaitable d’observer à la loupe cette élection sur notre région, et de tirer les conclusions qui s’imposent à nous.
Mais, refusant toute malhonnêteté intellectuelle de mauvais goût qui, je le déplore, devient récurrente au Parti socialiste, il est également une troisième vérité.
Ce qui vaut pour les uns, vaut également pour les autres.
Devancée par « EUROPE ECOLOGIQUE », notre liste conduite par Harlem DESIR a obtenu 379 806 voix, c’est-à-dire l’ensemble de la population des XVIIIème et XIXème arrondissements de Paris, qui ne représentent que 5,56 % des franciliens inscrits.
Qui plus est, ces victorieux du 7 juin qui n’appartiennent pas à la majorité présidentielle, préfèrent adopter, fait politique nouveau, une prudente modestie.
A n’en pas douter, notre piètre résultat nous contraindra à mesurer nos forces respectives au premier tour de la régionale de 2010.
Pour le second tour, à clarifier notre positionnement environnementaliste.
En effet, si nos élus locaux font des choix politiques pertinents en la matière, force est de constater que notre vision nationale reste à démontrer.
Pour cela, et parce que le temps des grandes déclarations médiatiques non suivies d’effets est révolu, il serait pour le moins opportun que la Commission Nationale Environnement fasse montre d’un peu plus d’ardeur au travail.
Ce qui vaut, d’ailleurs, pour toutes les autres commissions.
Pas plus que les socialistes, les Français ne sont dupes, et il faudrait avoir une bien piètre opinion d’eux, voire du mépris, pour les croire aussi crédules d’une telle énormité.
Pourquoi les Français croiraient-ils le parti socialiste français ?
En effet, tels les derniers Valois de France, les socialistes font bonne figure, tout en se trahissant de façon éhontée ; se sourient avec une rare hypocrisie, tout en conspirant ; font ripaille lors de grands banquets oh combien festifs, où chacun craint d’y être empoisonné ; se réunissent en leurs Baronnies pour y organiser de magistrales réceptions où il est préférable de fuir les rideaux, seule garantie pour ne pas être poignardés dans le dos !
Alors qu’ils prétendent combattre l’individualisme au profit d’une vision collective de la société, l’ultime but socialiste, aujourd’hui, n’est pas d’éliminer son adversaire de droite, mais d’anéantir tout rival socialiste potentiellement dangereux, au mieux à sa petite influence, au pire à sa propre ascension sur le trône !
Ils promeuvent la richesse d’une société multicolore et multiculturelle, mais dans leurs rangs, ils se livrent à une sorte de formatage intellectuel au service d’une pensée socialiste unique !
Plus que tout autres, ils sont européens, mais à l’heure où la mondialisation est supplantée par la globalisation dont leurs inactions leur font porter une lourde responsabilité, ils se dédouanent de toute responsabilité en accusant leurs partenaires européens d’être la cause de leur propre incapacité à s’unir pour ce qui devrait être une cause commune.
A six mois d’une élection qu’ils savent pourtant majeure, lors de leur congrès qui la précède, en dehors de tout contexte politico historique et devant des caméras qu’ils savent friandes, ils rejettent toute autre pensée socialiste du continent , l’accusant d’être responsable de leur propre incapacité.
Pire encore, car c’est possible, ils considèrent les Français suffisamment stupides pour croire, que six mois plus tard, tous les socialistes et sociaux démocrates européens sont rassemblés derrière un joli livret, certes tout en couleur, mais vide de tout contenu.
Si l’idée est de dégoûter les militants socialistes, alors continuez cher(e)s camarades…
Sur ce point, vous excellez ! Il y a déjà tant de militants qui nous font cruellement défaut, et que l’on ne voit plus, ni en sections, ni sur le terrain.
Antoine ORY-CHANFRAULT
Motion A
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